Je préfère le dissensus dur au caramel mou

Je préfère le dissensus dur au caramel mou
Medusa – Il Caravaggio

Parfois on aimerait, face à la violence du monde, qu’un garçon vous prenne dans ses bras et murmure : « Ça ira, je suis là, on connaîtra des jours meilleurs… »

dimanche 23 octobre 2016

Igor Mitoraj : Petto a metà

Le Moitié de buste d'Igor Mitoraj est installé piazza del Carmine, a Milan. Les oeuvres de Mitoraj sont à contempler au soleil, sur fond de ciel bleu. Ce n'est pas le cas à Milan aujourd'hui. J'ai, en tout cas, admiré la mystérieuse Pietà inachevée de Michel-Ange, qui reste, en l'état, un chef d'oeuvre absolu, comme si aucun achèvement n'avait été rendu possible. A voir bientôt sur Épissures.


Note du 29 octobre :
Chris m'envoie son commentaire sur Igor Mitoraj : son billet du 29 octobre 2014 dans Gay-sculpture blog est consultable ici : clic ! Retournez-y voir (entre autres...)

Il volo - L'amore si muove

Quelques jours à la mode milanaise. Hier soir un attroupement de jeunes filles et jeunes garçons étaient en émoi place du Duomo, devant le Mondadori Megastore. Curieux, j'interroge Internet sur l'événement qui se déroulait : c'était, semble-t-il une dédicace d'un jeune duo Youtubeur originaire de Modène : Benji e Fede (Benjamin et Federico), dont le succès semble dû à un format de musique internationale. Bon, j'ai vu, de la daube à l'américaine, de jeunes gens tatoués, dopés à je ne sais quelle consommation décérébrée.

Du coup, je suis allé chercher ce groupe italien tout à fait sympathique qui s'appelle Il volo. Il chante dans la tradition italienne, c'est déjà magnifique. Et nous disent que l'amour change au cours des âges mais nous porte loin...

Passez un bon dimanche. Ici, à Milan, le temps est pluvieux que jamais !


samedi 22 octobre 2016

Le modèle et ses peintres


Anne Sylvestre - Clémence

Je m'accorde quelques jours de vacances : appelez-moi Clémence !
Je publierai certainement. Je trouverai bien un point de connexion wi-fi. Pour aujourd'hui, il me paraissait amusant de réécouter la grande Anne Sylvestre, de l'époque où les femmes avaient appris à dire non. Qu'en est-il aujourd'hui ? Je ne suis pas sûr que le grand retour des familles et de leurs gaietés quotidiennes n'ait pas eu raison des questions fondamentales de l'égalité des comportements plutôt que des droits, qui sont, en principe, acquis sur le territoire français. Pour le reste, il y a encore du chemin à faire !


vendredi 21 octobre 2016

Je me laisse aller

Leonard stin Ellada

Ce jour sort un nouveau CD de Leonard Cohen. You want it darker. J'ai présenté ce titre le 24 septembre dernier (cliquer ici : clic), il y a moins d'un mois. Si je suis fan de Leonard Cohen, je ne sais pas si je me réjouis vraiment de cette sortie. Je suis heureux qu'il soit toujours de cet esprit vif, qu'il témoigne de cette générosité qui l'a toujours caractérisé. Ce qui me fait drôle est qu'on le présente comme un vieillard. Certes, ses quatre-vingt deux ans accusent la vieillesse, le visage fatigué, les cheveux très gris. Je conserve pourtant toujours l'image de cet homme jeune, que j'ai vu plusieurs fois en concert. Je le vois également parcourant Hydra, cet île porteuse de magie que fréquentaient autrefois artistes, poètes, écrivains, après que des pirates albanais s'y furent installés, et où il vécut avec Marianne Ihlen. C'était un temps, me semble-t-il, où le soleil savait briller plus sûrement qu'aujourd'hui où nous marchons en terres d'incertitudes.

Leonard a toujours accompagné mes sentiments amoureux. En esprit, sa poésie, sa musique nourrissaient mes propres élans, mes moments de doute et de spleen. Je me rappelle l'une des dernières fois que je vis J. Il avait eu un accident de scooter, sans vraiment de gravité, dans le tunnel de la Croix-Rousse. C'était au printemps, et un concert de Leonard était organisé à la Bourse du Travail. L'après-midi j'étais passé voir J. à l'hôpital. Sa jambe était dans le plâtre et un énorme pansement taché de sang couronnait son genou. Était-ce la chaleur de ce printemps déjà avancé ou l'émotion de ce pansement qui me paraissait monstrueux ? Je partis dans une crise de tétanie et l'infirmière dut me bassiner les tempes, éponger ma sueur et me faire respirer de l'air frais sur le balcon de la chambre. Je repris mes esprits, m'excusai de ce moment de faiblesse. Je dis encore quelques mots à J. Je savais que nous nous étions tout dit.

Le soir le concert fut magique, plein de cette tendresse au delà de l'amertume dont sa voix si profonde a toujours été porteuse. Leonard fait partie de ces garçons abandonnés dans lesquels je me reconnais. Tout est comme si manquait en quelque endroit, dans le corps, l'esprit ou le cœur, une part de soi invisible  - l'ombre de Peter Pan, peut-être - qui dit qu'on n'arrive pas à marcher comme il le faudrait dans la vie. Quelques femmes ont compté dans celle de Leonard, dont Marianne fut la lumière éblouissante. D'autres garçons ont besoin qu'un autre garçon vienne apporter une part de réconfort, un court moment qui ne sera jamais définitif. On croit un instant reconnaître le garçon que l'on cherchait. On le retrouve même, le temps d'assouvir son désir. Puis l'image que l'on avait cru reconnaître s'estompe, se dissipe dans un brouillard, et ne demeurent plus que des fantômes. Au fil du temps on n'est plus soi-même qu'un autre fantôme, errant dans les couloirs du temps, retrouvant dans les pièces défraîchies d'un château poussiéreux et humide les photographies jaunies du seul garçon qu'on avait cru reconnaître de cette part d'invisibilité à jamais disparue.

Dans ce temps qui passe Leonard demeure, comme une forme de l'éternité. Au loin il y a le Canada, New-York. Je ne sais pas où il vit et je m'en fous puisqu'il est en Grèce. Pour l'éternité.








jeudi 20 octobre 2016

Les yeux dans les yeux

Jean-Roger Caussimon - Les milices

Jean-Roger Caussimon est décédé il y a précisément trente et un ans. Il fut excellent comédien, chanteur, parolier, homme d'engagement. De cette période et de cette génération de chanteurs qu'on appelait « Rive gauche » qui était présente dans les cabarets de Saint-Germain-des-Prés.

Comment croire il y a une trentaine d'années que les années furieuses qui précédèrent la Seconde Guerre mondiale reviendraient, toujours fondées sur la haine de l'autre, du différent de peau, d'origine, de sexe, d'orientation sexuelle ?

J'ai entendue à la radio une élue qui s'est mobilisée contre les étrangers, qu'on appelle maintenant les migrants, dire : « mais nous ne sommes pas des fascistes ! Nous avons été élus démocratiquement ! »

Un peu histoire redevient nécessaire. Lorsque le sinistre Adolf arrive au pouvoir en Allemagne, il est élu démocratiquement. Dans les années 1920, c'est tout aussi légitimement que Mussolini accède au pouvoir.

Jour après jour en France, les pensées se recroquevillent. Je parlais il y a un an de la rhinocérisation des esprits. La police, dont on sait qu'elle soutient les idées d'extrême droite, manifestait ces jours-ci. Si on comprend leur exaspération face à des décideurs qui ne contrôlent plus grand chose, il est à redouter qu'elle vienne renforcer le durcissement d'un ordre extrême.

J'espère sincèrement que mes craintes soient infondées.


mercredi 19 octobre 2016

Hommes qui marchent


Dranem - Le coût de mon trait

Je parlais de clowns ces temps-ci. Un chansonnier - comment faut-il dire ? fantaisiste, chanteur comique ? - qui s'appelait Dranem eut autrefois un immense succès. Son nom est un anacyclique, forme de palindrome (vous chercherez, chers amis !). Il s'appelait en réalité Armand Ménard, s'habillait avec une veste étriquée, un pantalon trop court et trop large et débitait des horreurs qui faisaient hurler de rire les gens. Bref, un clown dans la tradition des comédiens populaires. Coluche fut l'un de ses héritiers. Comme il est dommage que l'un de ses homonymes, aujourd'hui, n'ait pas repris l'humour de Dranem ! S'il débite des horreurs, il ne fait rire personne. Je persiste à croire que ce sinistre personnage finira dans les poubelles de l'histoire comme un raté de l'amour.

On se souviendra de Dranem, auteur de gauloiseries, à défaut d'être - peut-être - un descendant de Gaulois !

mardi 18 octobre 2016

Encore un peu !


Retour arrière en Grèce

Ce petit documentaire de Brigitte Rouän m'avait échappé : il fut tourné après son film de fiction Tu honoreras ton père et ta mère, que je n'ai pas vu, mais qui, semble-t-il, ne restera pas comme un film inoubliable.

Ce Stop à la Grèce en slip fait un petit tour rapide de l'équipe technique avec laquelle elle a tourné son film de fiction (avec Gaspard Uliel, dois-je signaler !) sur l'île de Milos. Petits passages à Athènes. C'était il y a quatre ans. La Grèce était au bord du gouffre, et depuis elle a fait un grand pas en avant pour y tomber totalement. La seule chose que j'ai pu vérifier moi-même l'an dernier est qu'il ne reste qu'à faire la fête pour s'y perdre complètement.

L'un des protagonistes le dit : il s'est agi de sauver les banques, les banques et les banques. C'est tout. Dernièrement, le bilan a été fait. Avec l'hyperaustérité, la perte de TVA  qu'elle aurait pu collecter est l'équivalent des objectifs d'économie voulue par l'Europe, ce dont déjà le Fonds monétaire international s'était aperçu voici de nombreux mois.

Ainsi, quatre ans après ce documentaire, la situation en Grèce n'a fait qu'empirer, et ce guignol de Tsipras, incapable de s'opposer aux diktats allemands et européens n'a pas été en mesure de donner du sens à l'économie grecque. Qu'on en juge : la crise grecque dure maintenant depuis 2008. Huit longues années, plus longues que la durée de la Seconde Guerre mondiale. Car c'est bien une guerre menée contre le peuple grec, plus dure que celle que subissent les autres pays du Sud. L'objectif étant à terme de brader l'ensemble du pays aux promoteurs financiers.

Dernièrement, c'étaient les retraités qui manifestaient à Athènes. Tsipras n'a su que leur envoyer la police. Quoi d'autre ?

lundi 17 octobre 2016

Contrarié

Marche brune

Marche brune à Paris hier : tous les attardés du bulbe ont défilé. S'ils étaient tous là, c'est plutôt rassurant : 29 000 selon la police, mais il n'y a aucune raison de faire confiance à la police. Alors il faut rajouter la moitié ? Alors ils étaient quoi, 45 000, 50 000 manifestant d'extrême droite ? C'est toujours trop, et il faudrait espérer qu'ils étaient tous là, les Collard, les Ménard les Le Pen, etc.
Il semblerait d'ailleurs que Le Pen fille finisse par se rendre aux arguments des anti mariage pour tous. Leur haine de l'homosexualité ne tardera pas à devenir très nettement explicite, malgré les gay qui se sont rangés à leurs côtés.

Il y avait une contre manif avec un kiss in « Faites l'amour, pas la gayre » dont cette très belle photographie de François Guillot était dans L'Obs :

François Guillot - AFP