Je préfère le dissensus dur au caramel mou

Je préfère le dissensus dur au caramel mou
Medusa – Il Caravaggio

Parfois on aimerait, face à la violence du monde, qu’un garçon vous prenne dans ses bras et murmure : « Ça ira, je suis là, on connaîtra des jours meilleurs… »

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dimanche 17 juin 2018

Portrait d'un jeune homme grec

Il y a quelques mois ce portrait était en vente publique. J'en suis tombé immédiatement amoureux. Il fut peint par le grand Yánnis Tsaroúchis en 1966, à Athènes, j'imagine.  Il appartient à une série de différents portraits de jeunes gens peints par Yánnis Tsaroúchis. Je n'ai pas retrouvé sa trace dans le catalogue édité par le Musée Benaki qui a réalisé en 2010 la magnifique exposition rétrospective consacrée au peintre disparu en 1989.

Il se dégage de son regard une gravité, ou peut-être davantage, une interrogation face au monde, qui me paraît bouleversante. Je n'ai pu l'acheter, trop coté pour mon pauvre budget. Ce jeune homme, qui devait avoir une vingtaine d'années en 1966, en a cinquante-deux de plus aujourd'hui, s'il vit encore. Ce n'est sans doute pas tout à fait un vieillard. Je me plais à imaginer qu'un jour je l'ai croisé, le visage hâlé, maintenant tanné, le dos encore droit autant que sa détermination à avancer sans détour dans la vie, dans une rue d'Athènes, vers le boulevard Sygrou, ou encore la petite rue de Tripodon, se dirigeant vers le monument de Lysicrate où il avait rendez-vous avec un jeune homme, négligeant le fait que cinquante-deux ans auparavant, Yánnis Tsaroúchis avait immortalisé les traits de sa jeunesse.

Mon émoi, pensant à lui aujourd'hui autant qu'alors, conserve toute son intensité.


Yánnis Tsaroúchis - Portrait d'un jeune homme- huile sur carton et toile - 1966

samedi 24 mars 2018

Charmed lives in Greece

On peut voir au British Museum, à Londres, jusqu'au 15 juillet prochain l'exposition Charmed lives in Greece qui retrace l'amitié entre Niko Ghyka, John Craxton, tous deux peintres, et avec l'écrivain Patrick Leigh Fermor, amitié qui dura jusqu'à leurs morts respectives.

L'exposition se concentre sur les quatre lieux remarquables que sont Hydra, chère à mon coeur, Kardamyli, la Crète et Corfou.

Sans doute un moment, dans ce goût précis d'humanité, où l'on peut se projeter dans un temps suspendu...


dimanche 18 mars 2018

Come back

Une spéciale dédicace à Arthur, avec ce show de SSION (prononcer "shun", comme Sean !).
On appréciera les mises en scène de Cody Critcheloe !


vendredi 10 novembre 2017

Pierre Aleyrangues nu

Pierre Aleyrangues fut un des personnages que je voyais assez souvent au cinéma étant enfant : il était plus connu sous la dénomination du «Nain Piéral». Sa force de caractère lui permit d'affronter sa double différence, physique - il mesurait 1,23 m - et son orientation sexuelle. Il fréquenta assidûment  Jean Cocteau, Jean Marais et le milieu intellectuel qu'ils représentaient. Sa manière d'être fut que l'homosexualité alors ne pouvait être qu'une façon d'être marginal dans une société qui ne tolérait que la norme. J'aime particulièrement cette photographie où il se montre nu, et fier de son corps quand tout pouvait dire que les normes de la virilité - ou de celles des éphèbes - reposaient sur d'autres canons de la beauté. En ce sens, il a réussi à proposer, dans cette pose qui n'est ni arrogante, ni vulgaire, sa capacité à dire que le corps vit dans ses propres mystères.

Pierre Aleyrangues

samedi 7 octobre 2017

Yánnis Tsaroúchis

Le Musée Benaki de la rue Piraios a exposé pour la deuxième fois, ou plutôt pour une deuxième partie de la rétrospective de son oeuvre, le peintre Yánnis Tsaroúchis l'an dernier pendant l'hiver 2016.

Voici une vidéo qui ne retrace pas forcément l'exposition, mais les thématiques de Tsaroúchis y sont présentes : le classicisme sur lequel le peintre s'est appuyé dans sa formation, les influences de Matisse, les racines de l'art byzantin, et, bien évidemment la présence des anges, des marins et des soldats qui évoquent la guerre dans laquelle la Grèce vécut à différentes périodes de son histoire.

Yánnis Tsaroúchis est sans doute l'un des peintres les plus importants de la Grèce du XXe siècle. Il est regrettable qu'il ne soit connu en France que dans les milieux sensibilisés au goût des garçons. Il faut rappeler qu'il a vécu en France quelques années à partir de 1967, à Paris et en Normandie ; il travaille alors à des scénographies de théâtre aussi bien sur les costumes que sur les décors. Toutefois la réception de son oeuvre ne dépassa pas les milieux artistiques qui ne virent en lui qu'un peintre mineur. On peut regretter cette absence de lucidité.



Yannis Tsarouchis from Franco Cavaliere on Vimeo.

mardi 3 octobre 2017

Angeli da Torino

Gian Giacomo de Alladio detto Macrino d’Alba

Madonna in trono con il Bambino e i santi Giovanni Battista, Giacomo, Gerolamo, Ugone e angeli, 1498

Gian Giacomo de Alladio detto Macrino d’Alba
Madonna in trono con il Bambino e i santi Giovanni Battista, Giacomo, Gerolamo, Ugone e angeli, 1498 (détail)

vendredi 29 septembre 2017

Queer art

La Tate British présente jusqu'au 1er octobre (c'est presque fini) l'exposition Queer british art (1861-1967). Il s'agit de mettre en évidence la manière dont l'art a pu exprimer, souvent de manière cryptée, la célébration des corps d'une autre manière que les conventions l'acceptaient jusqu'alors. Dans cette peinture de Frederic Leighton évoquant la manière dont Dédale procure des ailes à Icare, on note la féminisation d'Icare par la couleur de la peau, et des formes corporelles d'un érotisme évident. Dédale, son père, a la peau sombre et reste, dans cette peinture, le faire-valoir de l'objet érotique qu'Icare est ainsi devenu.



Frederic Leighton (1830-1896) - Daedalus and Icarus, 1869

Davantage d'informations sur l'exposition sur le site de Marcus Bunyan Art Blart, auquel je me réfère souvent : cliquez ici.

mardi 26 septembre 2017

Achille bene veduto

Collaboratore di Simon Vouet - Achille riconosciuto alla corte del re Licomede - ca 1650 (détail)

samedi 9 septembre 2017

Jupiter et Ganymède

Anton Raphaël Mengs (1728-1779), peintre allemand fasciné par la civilisation gréco-romaine, se plaisait à imiter les peintures antiques en s'inspirant notamment de celles d'Herculanum. Celle-ci se trouve au Palazzo Corsini, à Rome, à la Galleria Nazionale d’Arte Antica.

Anton Raphaël Mengs Jupiter et Ganymède, ca 1760

vendredi 11 août 2017

Le garçon du Nord

Sur les photographies qu’il m’a confiées, son regard est comme réservé, sans trop oser s’adresser à la photographe qui a dû être, comme je le suis aujourd’hui, interpellée par sa beauté. Les photographies ont été réalisées en 1965. Il a alors vingt-deux ans. Ses cheveux sont courts, comme il se doit alors ; il a le menton un peu rond, des sourcils bruns qui surplombent ses yeux en donnant ce contraste qui lui fait de magnifiques pupilles bleues. Mais son regard reste timide, celui d’une jeune fille dans les portraits du XIXe siècle. Son nez, très droit, reste peu marqué, comme s’il n’avait jamais reçu de coup de poing, et comme si chaque mâle un peu rude savait qu’il ne devait à aucun prix toucher à ce visage destiné à faire savoir la douceur possible d’un jeune homme, simplement attaché à la lecture d’un livre, pensif, et ne connaissant pas encore les plaisirs érotiques que les mots consignés sont capables de déclencher. Les lèvres sont pulpeuses, et presque trop, appelant le baiser qu’on y a envie de déposer. La rondeur du menton n’a pas permis que s’y incruste une fossette, à peine esquissée. Les détails montrent le menton rasé de très près ; la lèvre supérieure est restée enfantine, alors que le menton traduit déjà son expression de jeune mâle.
Je reviens aux yeux sur lesquels insiste le très gros plan choisi par la photographe. Ils sont également restés ceux de l’enfance, ou encore féminins, cherchant ailleurs que dans la réalité de la pose pour l’objectif de l’appareil une échappatoire. Les yeux entraînent toute la tête vers une autre attitude, et la pose aurait pu être empruntée à Modigliani. De mâle, il a encore le léger bourrelet à la commissure des lèvres, dû à l’épaississement des poils de la barbe qui donne alors à la peau une ombre dans laquelle se lit le passage à l’âge adulte. Le clair bleu de ses yeux est celui d’un garçon du Nord, quand se sont mêlées au sang de ses ancêtres les traces d’hommes du Sud venus y exercer leur domination d’alors. Si le poil reste sombre, les yeux ont conservé la profondeur du regard seulement nécessaire pour contempler le ciel et indiquer vers quelles rêveries un garçon de vingt-deux ans est encore capable de se perdre. Quelle nuit de Shéhérazade les dernières lignes du livre racontaient-elles ? L’Orient décrit devenait-il alors le contre-pied des campagnes maussades de Charleville ou de Troyes ? Je crois que c’est Agnolo Cósimo, il Bronzino, qui, un des premiers, a utilisé la pose conventionnelle qui établit aujourd’hui la relation entre ce garçon et la photographe, un peu plus tard avec le peintre.

Sandro Boticelli - Portrait d'un jeune homme au chapeau rouge - 1477

Les dernières photographies de la série prennent davantage de recul, et le garçon, tête relevée, aurait pu déjà se retrouver dans un film de la Nouvelle vague. Il aurait raconté cette situation insolite qui le rendait objet du regard d’un peintre et de son épouse photographe. Dans l’atelier du peintre il devient alors le garçon assis, avec un livre sur les genoux, le bras droit posé sur l’accoudoir du fauteuil. Il est vêtu d’une chemise blanche dont les manches aux boutons fermés débordent légèrement sur les poignets. Le col de chemise paraît presque empesé, et laisse voir le nœud d’une cravate qui est restée celle des cérémonies adolescentes. Sur la chemise, un chandail sombre accentue les contrastes que l’appareil photographique a consacrés. Enfin ses mains ont saisi presque négligemment le livre, et les doigts fins maintiennent ouvertes les premières pages, serrées entre le pouce et l’index de la main droite tandis que la main gauche soutient la couverture ouverte.
Je ne vois pas le reste du corps sur la photographie. Il n’y a que ce visage qui se veut mystérieux, romanesque. Lui me parle d’une attitude qu’il voit romantique dans ces photographies prises il y a cinquante-deux ans. Demeure cette beauté, et j’aimerais qu’il me dise l’émotion qu’il ressent envers ce jeune homme qu’il était alors. La pudeur ou la réserve l’en empêchent. Il est aujourd’hui cet homme âgé, dont les yeux bleus paraissent légèrement délavés ; les cheveux sont blancs et les sourcils, parfaitement dessinés, sont devenus ces poils blancs, un peu hirsutes. Je n’ose imaginer ce que fut son corps qu’il a abandonné aujourd’hui. Je veux croire qu’il a connu les caresses de très beaux autres garçons, et que dans leur goût commun pour la beauté des corps et des belles choses, il a pu réunir dans le même temps les moments de partage que l’exultation des esprits et celle de sa jeune virilité ont pu faire se rencontrer.
Mais il ne m’en dit rien, ne m’en dira rien. Il reste ces photographies, seule complicité qu’il me concède, avec le portrait, que dans une improbable histoire de l’image des garçons, un visiteur pourra un jour rattacher à la peinture du Bronzino, de Sandro Botticelli ou de Raffaello Sanzio.


mercredi 2 août 2017

Nudités insolites

La Fondation Barbier-Mueller présentait voici deux ans l'exposition Nudités insolites, rassemblant de nombreuses pièces africaines mais également européennes sur une très large période. Ce fut une magnifique exposition que présente ici Jean-Paul Barbier-Mueller.

Depuis, Jean-Paul Barbier-Mueller est décédé, en décembre 2016. Fort heureusement sa fondation reste et les collections qu'il a constituées sont toujours mises en valeurs à travers de très belles expositions que l'on peut visiter à Genève, au 10 de la rue Jean Calvin.

Je ne suis pas sûr de la pertinence du titre de l'exposition ; le rapport de la sculpture au vêtement reste un vrai débat, et ce sont plutôt les sculptures habillées qui pourraient être considérées comme insolites. Néanmoins interroger le thème de la nudité dans la sculpture reste une véritable question dans la relation à l'esthétique, dont l'immense diversité renvoie fort heureusement à l'universalité des productions humaines, et en dernière analyse, à la capacité d'abstraire des multiples visions du corps humain l'essence des formes et les émotions qui lui sont liées.



vendredi 28 juillet 2017

Buffet froid

Le Musée d'art moderne de la Ville de Paris présentait à l'automne dernier une rétrospective de l'oeuvre de Bernard Buffet. Ce peintre fut sans doute l'objet d'un immense malentendu duquel il ne souhaita pas forcément s'échapper. Il était d'abord un style de dessin, tellement reconnaissable que les bons dessinateurs étaient capables de reproduire à l'infini. Là était également la limite de son génie : il ne suffit pas d'avoir trouvé un style, il faut également que le style porte l'oeuvre qui est faite des fulgurances de la vie. Or ces fulgurances se retrouvent dans Bernard Buffet, au début de sa vie. Est-ce le succès, l'incompréhension d'un public davantage porté par les marchands de peintures qui ne lui ont pas permis d'imposer ce qui, en lui, l'avait porté dans sa jeunesse ? Je ne sais. Les toiles qu'il a peintes à partir notamment de la période du « cirque » sont de nature à tromper le public et à le tromper lui-même. Pour autant, le Bernard Buffet des années de jeunesse est un peintre plus intéressant qu'on ne le croit, affirmant dans une période tourmentée des choix esthétiques qu'il abandonne plus tard. Est-ce la proximité de Pierre Bergé, son compagnon alors, qui lui permet de poser ainsi cette touche, à la fois scandaleuse et ulcérée contre la mort et la folie des hommes ? Je ne sais pas s'il a lui-même répondu à la question. Il reste ses toiles que le Musée d'art moderne de Paris a eu la bonne idée de présenter. L'exposition s'est tenue du 14 octobre 2016 au 5 mars dernier.


Voici quelques peintures de la première période qui y étaient exposées. La qualité des photos n'est pas extraordinaire, mais elles illustrent la période du début de la carrière du peintre. Si je présente ici le Bœuf écorché de 1954, qui fait référence évidemment à celui de Rembrandt, la série que je n'ai pas présentée sur la guerre, dont une peinture est un hommage au Douanier Rousseau, me paraît assez remarquable et d'une grande force. On imagine, évidemment, qu'il était difficile à Bernard Buffet de continuer dans cette série qui aurait pu être une suite sans fin. Lui fit-on ce reproche, que sa peinture est d'une empreinte tragique trop difficile pour être suffisamment vendable ?  On n'imagine pas que Picasso ait pu à l'infini, peindre des Guernica. Picasso avait d'autres ressorts que n'avait peut-être pas Buffet...

Bernard Buffet - L'atelier - 1947


Bernard Buffet - Deux hommes dans une chambre - 1947


Bernard Buffet - Homme nu dans la chambre - 1948


Bernard Buffet - Vacances dans le Vaucluse - 1950


Bernard Buffet - Le bœuf écorché - 1954

jeudi 27 juillet 2017

The great tamer

Les références aux beaux-arts sont innombrables pour ce spectacle magnifique de Dimitris Papaioannou que j'ai vu mardi à Avignon à la FabricA, beau lieu de résidence artistique qui devient une magnifique salle de spectacle pour le Festival d'Avignon.

The great tamer est une fresque qui reprend le rapport des hommes au sacré et au profane, ce rapport passant indiscutablement par l'art. Singulièrement en Grèce, où l'archéologie reste omniprésente. La grande stratification de l'histoire, dans laquelle se superposent les regards sur le monde, se rapporte encore et toujours à la manière dont le corps est ce par quoi notre relation aux autres et au monde s'établit. Le sujet reste inépuisable.

Voici le beau papier écrit par Anne Diatkine dans Libération : ici.



THE GREAT TAMER (2017) / a new work by Dimitris Papaioannou / trailer from Dimitris Papaioannou on Vimeo.


Voici, du même tonneau, créé en 2012, Primal matter d'une grande force créative : il s'agit de déconstruire et de recontruire différemment les éléments d'un corps, d'une matière primale, en effet. Le spectacle d'une durée de dix-sept minutes est ici intégral. The great tamer sera représenté dans différentes villes européennes principalement. A ne pas manquer, évidemment, le spectacle vivant restant de loin d'une dimension bien plus sensible, à tous points de vue.



PRIMAL MATTER (2012) by Dimitris Papaioannou / the entire work in seventeen minutes from Dimitris Papaioannou on Vimeo.

mercredi 10 mai 2017

L'art bital*

Bital est un terme que je dois à mon pote estèf, très en forme semble-t-il en ce moment : à défaut d'entrer dans le dictionnaire de l'Académie française, le terme entre dans ma décyclopédie bloguesque.

Bital,e [de bite] : adj., qui a trait au membre viril, « Arthur faisait un petit blues bital » (Étienne Maurice, 2017, en ligne).

L'excellent magazine Stupéfiant consacrait hier quelques minutes à  la manière de traiter le pénis dans l'art. L'exposition au Musée d'Orsay Masculin, présentée en 2014,  fut un réjouissement à tout le moins de l'esprit. Où l'on s'aperçoit que les ligues de vertu ne sont pas vraiment en sommeil. Le diable les emporte !

samedi 6 mai 2017

Pignon sur via

Le travail d'Ernest Pignon-Ernest réalisé pour les quarante ans de la mort de PPP. 
Je n'ai pas eu l'occasion de voir son oeuvre affichée à Rome. Seules une vingtaine d'affiches, me semble-t-il, ont été collées sur les murs. On peut lire un papier virtuel de Télérama à ce sujet ici.

Le gentil commentateur de la vidéo s'interroge : la société italienne entendra-t-elle la voix du poète, quarante ans après?

Aujourd'hui, on peut le rassurer. Après être sorti par la fenêtre, Matteo Renzi va revenir par la porte. Lui aussi est en marche. En camino. L'antichambre du pire ? Tout est prêt pour l'anesthésie générale.

dimanche 2 avril 2017

A la recherche du Caravage

Dans la splendeur des ombres

Nombreux sont les admirateurs de Michelangelo Merisi, detto il Caravaggio,  "Le Caravage". Ce peintre exceptionnel inventa le réalisme en peinture bien avant que Courbet et bien d'autres ne donnent à saisir avec toute la force et toute la sensibilité du réel le sentiment du tragique qui traverse la vie.
Ce documentaire d'une exceptionnelle qualité de 2015, signé Jean-Michel Meurice, retrace le parcours du peintre, dont on peut, avec bonheur et toujours une grande émotion, suivre les traces à travers toute l'Italie.



mardi 28 mars 2017

Stupéfiant !

Stupéfiant! est une émission de Léa Salamé présentée sur France 2
Un magazine très gay dont aucun des sujets présentés n’est à jeter :

Comment la collection « La Pléiade » est-elle conçue ?
Portrait de la pianiste Khatia Buniatishvili, à 18 mn
Le retour du Guépard au Palais Gangi à Palerme, à 34 mn
Inhotim, paradis de l’art contemporain, à 55 mn
Freddy Mercury, à 1 h 13 mn
Pierre & Gilles, 1 h 20 mn

Voir Alain Delon, le lendemain de la rediffusion de Plein soleil de René Clément, rappelle les belles années de cinéma que lui ont apportées certains réalisateurs — évidemment Luchino Visconti… Curieux homme, à la fois touchant, détestable par beaucoup d’aspects — on connaît ses propos homophobes condamnés par sa propre fille, son admiration envers l’armée et les années d’Indochine !, son amitié avec Le Pen, son mépris exprimé ici pour Helmut Berger. Laissons-lui le doute sur une orientation sexuelle qu’il n’a jamais avouée, de cette homophobie qu’expriment certains homosexuels ou bisexuels parce que le goût des hommes leur fait peur… Ça lui appartient.


Sympa, je vous ai mis les minutages, ce qui permet de choisir les sujets en fonction de son précieux temps disponible !

Bon visionnage !


mardi 28 février 2017

Ren Hang

Le jeune artiste chinois Ren Hang a fini par quitter ce monde. C'est toujours un déchirement. Le suicide reste une hypothèse, pas une solution. Mais lorsque tout devient si douloureux, il n'est plus seulement question de choix. Voici un texte, que je ne comprends pas car je ne suis évidemment pas sinologue.

2016.09.17
这几天找到一种新的方法,让自己镇定下来,把自己摔倒也是对抑郁的一种抗衡,每当我碰触到地面就彻底躺平,行人啊,车辆啊,都可以从我身体上踩踏过去、碾轧过去。而且这种时候意识会变得无比清醒,智慧和记忆力好像也增强了,所有关注过的事件都历历在目,甚至背诵得出当事人说过的话,1997年白宝山在监狱中说:我出去就要杀人。如果判我20年,我出去杀成年人。如果判我无期徒刑,我减刑出去,杀不动成年人了,我就到幼儿园去杀孩子。

总是能听到开枪的声音,开始的时候我有点害怕,时间久了,也就习惯了,那声音也像有人在用槌子往我脑袋钉钉子,好像有一个建筑工地,有人要盖摩天大楼,盖了这么多年也没盖好,好多无家可归的人在我的脑袋里面哭啊闹啊,我要被吵死了,他们不让我睡觉,也不让我出门。不睡觉也好,不出门也好,反正每天出门前,穿上精心挑选好的衣服,照着镜子怎么看都觉得像要去参加自己的葬礼,消极得那么隆重。每一个目的地都像是为了追悼自己而要赶赴的灵堂。
我也害怕出门听到那些关心和疑问,你看起来那么开心,怎么可能抑郁呢?你有什么可以抑郁的,我还抑郁呢总是那么矫情他又在装腔作”……这些声音比我脑袋里的声音更容易使我紧张。在所有牵扯到两个或者两个人以上的人际关系中,要么我就会不停地说话,要么我就会一直沉默。所有的假装轻松都让我筋疲力尽。

这么多年,我一直在给自己治病。一人分饰医生和病人两角,有时候医生给病人治病,有时候病人也给医生治病。彻底把生活过成了一所医院,每天只是流连在各个不同的病房里,外面的人进不来,自己也走不出去。


La traduction de Google donne ceci :


« Ces jours-ci pour trouver une nouvelle façon de vous calmer, et la chute est un contrepoids à leur propre dépression, chaque fois que je touche le sol complètement à plat, piéton, ah, ah véhicules, sont disponibles à partir de mon corps piétiner le passé, grind roulé passé. Et cette fois-ci deviendra la conscience très claire, l'intelligence et la mémoire semble avoir augmenté, tous préoccupés par les événements sont frais dans notre mémoire, et même réciter venir à la fête ont dit Bai Baoshan en prison en 1997, il a dit: Je vais aller de tuer. Si moi condamné à 20 ans, je suis sorti pour tuer un adulte. Si je suis condamné à la prison à vie, et je commuée pour tuer un adulte ne bouge pas, je vais tuer des enfants à la crèche.

J'entends toujours le son de la prise de vue, je commençais un peu peur, longtemps, s'y habituer, ça sonne comme quelqu'un avec un marteau un clou dans la tête, comme s'il y a un chantier de construction, il a été de gratte-ciel couvrent, a couverture ne couvre pas tant d'années, un grand nombre de personnes sans-abri dans le centre de pleurer dans ma tête, ah, je veux être bruyant morts, ils ne me laisseront pas dormir, ne me laisse pas sortir. Ne pas dormir ou de ne pas aller Quoi qu'il en soit à la porte tous les jours, soigneusement sélectionnés pour porter de bons vêtements, regarder dans le miroir pour voir comment tout envie d'aller à votre propre enterrement, le négatif était si grand. Chaque destination est comme un mémorial pour eux-mêmes et se précipita vers la salle.
J'avais peur de sortir pour entendre ces préoccupations et questions, "Vous avez l'air si heureux, comment pourrait-il la dépression?", "Que pouvez-vous la dépression, je reste déprimé il", "Vous êtes toujours aussi hypocrite", "il gesticulations "...... ces sons plus facile que la voix dans ma tête me rend nerveux. En tout implique deux ou plusieurs relations des gens, ou je vais continuer à parler, ou je l'aurais gardé le silence. Tous prétendent facilement me faire épuisé.


Tant d'années, j'ont été à leur propre traitement médical. Qui a joué de nombreux coins de médecins et de patients, parfois les médecins pour traiter les patients, mais aussi pour les médecins traitent parfois les patients. Le vécu à fond est devenu un hôpital, tous les jours juste pour traîner dans les différents quartiers, qui ne pouvait pas venir, ils seraient sortir. »

Ren Hang Sans titre 1

Finalement, si on ne savait pas que c'est une traduction Google, ça reste acceptable. Non pour le style inexistant, mais le sens s'y retrouve, comme on lisait autrefois chez Antonin Artaud cette impossibilité à être, à accepter le corps comme lieu dépositaire de son esprit dont on ne peut pas faire grand chose sinon rappeler toujours que ce corps n'est que de la barbaque, ensemble de viande irrigué de sang dont la seule réalité est une trahison de ce monde dont on ne s'échappe que dans une disparition définitive.
Actuellement  Ren Hang était présenté dans des galeries à Pékin et à Stockholm. Dans ses photos, on lit la place de ce corps, objet de désir, objet de rejet, objet médiateur entre le monde et sa réalité. Vivre reste le fait d'apprendre à gommer ses sensibilités. Sinon il faut vivre vite, très vite. Ren Hang, comme un éclair de lumière.

Deux haïkus de Ren Hang :

Beaucoup de gens sur la route
 
Sur la route, il y a beaucoup de gens que je ne connais pas
Et pourtant avec eux, j’ai de grands points communs :
ils ne sont pas encore morts sur la route.



Jeunesse

La jeunesse est très mince
Une brise peut l’emporter
Quand elle revient
Avec un cercueil à obésité

Ren Hang Sans titre 2