Combien de fois suis-je passé à Cannes, rêvant, traînant parfois près du Palais du Festival. On y croisait quelques visages connus ; on était étonné par la débauche de démonstrations communicatives. On lisait Le Film français, on décortiquait les critiques de Gérard Lefort et de Serge Daney. On mangeait sur le pouce les plats du jour de bistrots disparus aujourd'hui. D'autres les ont remplacés. On dormait chez les amis, dans l'inconfort de canapés défoncés, dans les vieilles maisons du vieux Cannes.
Et quand, lassé de trop de foule, j'avais besoin de respirer, je grimpais au Suquet, d'où le grouillement humain n'était plus qu'une vaine agitation au loin. Au Suquet, le printemps s'était déjà installé. Je rêvais du Pêcheur, vieil homme aux doigts calleux dont j'espérais croiser les pas. J'entendais un murmure d'oiseau qui chantait les amours oubliées de garçons égarés.
(Jean Genet - Le pêcheur du Suquet)
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| Cannes et le Palais du Festival depuis le Suquet |
Et quand, lassé de trop de foule, j'avais besoin de respirer, je grimpais au Suquet, d'où le grouillement humain n'était plus qu'une vaine agitation au loin. Au Suquet, le printemps s'était déjà installé. Je rêvais du Pêcheur, vieil homme aux doigts calleux dont j'espérais croiser les pas. J'entendais un murmure d'oiseau qui chantait les amours oubliées de garçons égarés.
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| Cannes - Le port et le Suquet |
« Au bord de ma casquette un brin de noisetier
De travers accroché l'oreille me chatouille.
Dans votre cou j'écoute un oiseau qui bafouille.
Et dorment mes chevaux debout dans le sentier. »
(Jean Genet - Le pêcheur du Suquet)







