Je préfère le dissensus dur au caramel mou

Je préfère le dissensus dur au caramel mou
Medusa – Il Caravaggio

Parfois on aimerait, face à la violence du monde, qu’un garçon vous prenne dans ses bras et murmure : « Ça ira, je suis là, on connaîtra des jours meilleurs… »

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mercredi 6 juin 2018

Tristesse dans ma bouche

J'apprends le décès de Marc Ogeret. C'est dans son interprétation qui reprenait la musique d'Hélène Martin, que le texte de Jean Genet Le condamné à mort avait pris pour moi toute sa dimension nostalgique. Cette interprétation m'a longtemps accompagné, prêtant à Genet une voix que je ne connaissais pas encore. Mais Marc Ogeret avait donné à la chanson française, revendicative, anarchiste, toute sa force. Il avait quatre-vingt six ans. Que le temps a passé !
Je pense à lui, je pense également à Hélène Martin qui en a quatre-vingt dix. Les années vont et il semble qu'on ne gagne rien, ni en liberté, ni en partage d'humanité. Il y a ce poème de Guillevic qui me revient en mémoire :


La vie augmente

Quand on nous dit :
La vie augmente, ce n'est pas

Que le corps des femmes 
Devient plus vaste, que les arbres

Se sont mis à monter
Par dessus les nuages, 

Que l'on peut voyager
Dans la moindre des fleurs,

Que les amants
Peuvent des jours entiers rester à s'épouser.

Mais c'est tout simplement, 
Qu'il devient difficile
De vivre simplement.

(Gagner, Gallimard, 1949)



Ce qui a augmenté, c’est le nombre des saisons, la capacité à asservir le moindre espace de terre, de mer, et court dans les esprits, déjà, la conquête de Mars. Mon cher Leonard chantait :

Oh, they’ll never, never, ever reach the moon, at least not the one that we’re after…


La seule conquête qui vaille est celle que l’on mène chaque jour vers son effacement du monde, ne laissant que les images de ceux que l’on a aimés, filles et garçons, leur regard tendre ou malicieux définitivement posé dans la mémoire des âges.

J'espère bien que jamais aucun engin spatial piloté par un Hal 9000 (2001, L'Odyssée de l'espace, c'était il y a cinquante ans !) ne laissera poser un pied sur Mars tant que la Terre n'aura pas été rendue à son état initial, sans plastique, ni glyphosate, sans nicotinoïde, sans OGM, sans avion de guerre, ni mines anti-personnel, ni militaires, ni fachos de tout poil, ni flics de toute nature...




mardi 1 août 2017

Ήλιε μου σε παρακαλώ - Δημήτρης Μπάσης

Soleil mien si tu veux bien...

La superbe voix de Dimítris Bássis porte cette chanson d'amertume et de regrets des choses auxquelles on a renoncé...

Τα πουλιά τα βρίσκει ο χάρος στο φτερό,
τα ελάφια όταν σκύβουν για νερό.
Μα εμένα που ’μαι δέντρο μες στη γη
με ξεριζώνει κάθε χαραυγή.

Ήλιε μου, σε παρακαλώ,
πες στους χαροκαμένους
να κλαιν στης πίκρας το γιαλό
για μας τους προδομένους.

Σαν φονιάς τη μαύρη νύχτα ξαγρυπνώ,
πίνω δάκρυ, πίνω πρόστυχο καπνό.
Με μαχαίρια στην καρδιά μου δεν μπορώ
να τραγουδήσω και να καρτερώ.

Ήλιε μου, σε παρακαλώ,
πες τους χαροκαμένους
να κλαιν στης πίκρας το γιαλό
για μας τους προδομένους.


mercredi 24 août 2016

Daniela Dessí

Une grande dame s'en est allée. Voici deux vidéos de Daniela Dessí  : Madame Butterfly, "Un bel di vedremo" et Cosí fan tutte "Come scoglio". Larmes.






vendredi 11 mars 2016

Jeff Buckley - Toi & moi


On ne me fera pas croire qu'un garçon en pleine santé qui va se baigner tout habillé dans le Mississipi, n'a pas, dans la tête,  quelque chose qui l'entraîne dans une limite à dépasser ou ne pas dépasser. Cette fois-là, la limite fut dépassée. Comme il fut touchant, Jeff, plus convaincant dans l'interprétation que dans la création qu'il n'eut pas le temps d'explorer, parti trop jeune ! Comme il sut incarner Hallelujah, de Leonard Cohen, chanson sur l'impossibilité de communiquer entre deux êtres, dont Leonard prend le dieu de sa torah à témoin !
« On n'est pas artiste sans qu'un grand malheur s'en soit mêlé », écrivait Jean à propos d'Abdallah dans Le Funambule. Je rajoute qu'on n'est pas pédé sans que l'image d'un père soit un jour tombée de la route, nous laissant définitivement abandonnés. Je ne sais pas si Jeff avait ce goût pour les garçons, à travers lequel on recherche son double, et dans ce double la nostalgie d'une tendresse paternelle qu'on n'a jamais eue. Tim Buckley était un père-enfant sans doute lui-même sans grande capacité à savoir sortir de ses propres affres... Il part définitivement dans la recherche d'un paradis artificiel lorsque Jeff n'a pas dix ans, le laissant dans cet abandon définitif.
Il paraît que certains ont l'homosexualité heureuse, et aspirent à fonder des familles. J'entends un témoignage ce matin sur les ondes radiophoniques. Il doit s'agir d'un autre monde, où les deux pères projettent, avec la tranquillité d'une planification d'entreprise, la manière dont les enfants, une fille et un garçon, comme toute bonne famille trad et catho, pourront envisager l'avenir heureux, coucounés tous quatre à l'abri du monde extérieur.
Il y a alors deux grandes familles dans ce monde, celle du bonheur et des béatitudes infinies, et l'autre, dont Jeff n'a jamais cessé dans le pur filet de sa voix, de dire qu'il était fait de toutes ses absences, de toutes ces attentes jamais rassasiées.


Le nouveau disque des reprises et des derniers rares enregistrements conservés s'appelle You & I.
A écouter, bien sûr, et à lire l'article des Inrocks qui en parle. C'est ici :clic

jeudi 3 décembre 2015

Les Enfants Terribles - J'ai peur de vivre

En 1968, dont il faudra bien un jour célébrer les vertus, un groupe français de musique, plein d'énergie et de beaux textes, eut une existence, semble-t-il, éphémère. Il  avait emprunté son nom, sans doute, à une œuvre de Jean Cocteau. Il en reste de belles traces qui résonnent de manière cinglante à l'actualité.

samedi 4 juillet 2015

Φιλοτιμώ !

Manólis Glézos, Míkis Theodorákis, María Farantoúri, autant de noms liés à l'esprit de résistance : il existe un ordre mondial, celui de la finance, qui vise à asservir les peuples. Cet ordre mondial a besoin des systèmes autoritaires comme moyen d'assurer leur pouvoir. Jamais les nazis et leurs alliés n'auraient pu, pendant toutes ces années 1930-1945, asseoir leur domination s'ils n'avaient eu, à leurs côtés le soutien des industries, qui, alors, détenaient également le pouvoir financier, en Europe, aux États-Unis d'Amérique.

Aucun pouvoir financier ne doit pouvoir excéder l'expression démocratique et l'affirmation de solidarités entre les peuples.

Le peuple grec a trop subi les excès des clans Caramanlis-Papandréou, alliés du système bancaire. Quelles que soient les conséquences du refus aux conditions inacceptables de la troïka, il reste au peuple grec sa dignité.

Manólis Glézos fut celui qui osa décrocher le drapeau nazi de l'Acropole d'Athènes le 30 mai 1941. Aujourd'hui, il appelle à refuser les conditions faites aux Grecs par l'Eurogroupe.

Il faut voter NON - ΌΧΙ au referendum grec de dimanche !

Le dernier degré de l'asservissement se retrouve derrière les barbelés.

Míkis Theodorákis / María Farantoúri - O Antónis (1974)

samedi 27 juin 2015

Από πέρα απ' το ποτάμι - D'au-delà de la rivière (chant d’Épire)


Les miroloï sont des chants funèbres/chants du destin qui racontent les aléas de la vie quotidienne, notamment pendant la période d'occupation ottomane. Chants polyphoniques, ils sont accompagnés principalement par la clarinette, dont l'usage dans les Balkans en fait un instrument traditionnel. La clarinette grecque est accordée en sol. Elle donne au chant, sur fond de cordes, une dimension particulièrement poignante, et une parenté harmonique avec le blues est assez frappante.

 

vendredi 26 juin 2015

Romano Zanotti - La Tarantella

Nous échangeâmes, voici quelque temps, avec l'ami blogueur Silvano, sur les vertus respectives de Bobby Solo et de Patrizio Esposito. La chanson italienne est riche, de ses chanteurs/euses, de son répertoire. Voici une version de La tarantella, issue du répertoire traditionnel, dont on disait que la danse qui l'accompagnait permettait de guérir de la piqûre de la tarentule... Il faudra que je vérifie le fait !
La tarantella est chantée ici par Romano Zanotti, issue du disque La chanson napolitaine de 1650 à 1987, une petite merveille : faites-vous le offrir (Iris music, distribué chez Harmonia Mundi).
Excellente écoute, et mettez-vous les oreilles en joie !



lundi 22 juin 2015

Jeff Buckley - We all fall in love sometimes

La voix de cet ange disparu dans les ondes du Mississippi me laisse toujours un goût étrange : celui de l'impuissance que l'on éprouve parfois dans certains moments de la vie. Il reste cette plainte fragile, la mélodie déclinée sur les plus hautes notes de sa tessiture sur laquelle se calent quelques accords de blues. On n'est pas ici dans la perfection de la voix soigneusement travaillée, de l'orchestration et du piano d'Elton John ; l'alchimie de l'interprétation, l'articulation particulière de Jeff Buckley font qu'il semble toujours chercher à arracher du néant des mots qui apparaissent alors d'une grande évidence. Ils se posent dans une sorte de temps suspendu, moment singulier où on le saisit par la même grâce qui était sans doute sa nature profonde...



lundi 4 mai 2015

Fauve ≠ avant Fauve ≠

 Avant Fauve ≠, il y avait the Fleets avec le noyau dur dont Quentin était déjà la voix. Quelques chansons résolument marquées d'une facture qui se voulait britannique, référence à la pop anglaise, dont  Quentin s'était imprégné par un séjour de l'autre côté du Channel et en révérence pour John Lennon et Paul Mac Cartney.

Leur travail a donné, en langue anglaise, quelques jolies mélodies, un peu mélancoliques qui expriment déjà une envie d'another taste of life, mais sur un ton - une mélodie, si on veut traduire littéralement le titre anglais - que je trouve frais, artisanal, tendre et qui a cette qualité du home made/fait maison. 

Deux titres, This tune et Cotton Candy Clarity (La clarté de la barbe-à-papa). C'est tendre tout plein, et ça a déjà une dizaine d'années. Le chemin parcouru vers ce qu'est devenu ce gros bastringue qu'est Fauve ≠ aujourd'hui paraît énorme. Mais j'aime bien ce qu'était The Fleets dans sa dimension modeste - small is beautiful !

The fleets - This tune






La clarté de la barbe-à-papa


lundi 27 avril 2015

Canço del Lladre

Chanson du voleur, tirée du répertoire traditionnel catalan, pour commencer la semaine de labeur.
"Adieu œillet sombre, adieu, étoile du jour !" dit la chanson. Le destin du voleur est de perdre la vie pour ses méfaits !
La voix ici est celle, superbe, de Ferran Savall.



Cançó del lladre

Quan jo n'era petitet
festejava i presumia,
espardenya blanca al peu
i mocador a la falsia.
Adéu, clavell morenet!
adéu, estrella del dia!
I ara, que ne sóc grandet,
m'he posat a mala vida.
Me só posat a robar,
ofici de cada dia.
Adéu, clavell morenet!
adéu, estrella del dia!
Vaig robar un treginer
que venia de la fira,
li prenguí tots els diners
i la mostra que duia.
Adéu, clavell morenet!
adéu, estrella del dia!
Quan he tingut prou diners,
he robat també una nina,
l'he robada amb falsedat,
dient que m'hi casaria.
Adéu, clavell morenet!
adéu, estrella del dia!
La justícia m'ha pres
i en presó fosca en duia.
La justícia m'ha pres
i em farà pagar amb la vida.
Adéu, clavell morenet!
adéu, estrella del dia!

dimanche 26 avril 2015

Hal et Louia

Celeos est vénère, méchant, et de mauvaise foi.

On me pardonnera un mouvement d'humeur pour commencer cette semaine (eh oui, la semaine commence ordinairement par un jour de repos, c'est-y pas bath ? Vu que le samedi est le septième jour de la semaine et termine alors celle-ci... Mais revenons à notre propos) Je n'aime pas la télévision, vraiment pas. Mais je ne dédaigne pas regarder de temps en temps quelques variétés, parmi lesquelles l'émission The Voice que nos amis canadiens ont le bon goût d'appeler La Voix. Et que les Français dans leur médiocrité générale s'obstinent à prononcer Ze (Voice). En France, pays autocentré, on s'accommode très bien de l'à-peu-près puisque l'on prône préférentiellement l'entre-soi... Il n'est cependant pas difficile de placer la langue contre les dents pour former le phonème [ð] présent dans beaucoup de langues autres que l'anglais : le castillan, le grec, l'arabe, pour n'en citer que quelques unes. Enfin c'est ainsi.

The Voice, donc. Prenez un garçon fromager, venu de la France profonde. Décollez-lui légèrement les oreilles (c'est terriblement érotique, les oreilles). Rajoutez-lui une casquette façon Poulbot sur le crâne. Mettez-lui de grands yeux bruns et chauds comme un bon chien de garde qu'on emmène pisser le soir contre la poubelle des voisins. Donnez-lui un peu de coffre, et faites-le rêver que, puisqu'il a une belle gueule comparativement aux meules de Comté qu'on lui fait soulever pour l'affinage, ça suffit pour chanter. Chanter, pour la plupart des gens, c'est émettre des sons sur des fréquences différentes, pas plus. Et ça vous fait The Voice. Le jeune garçon fromager ne comprend pas l'anglais, et annonce qu'il va chanter la reprise de Jeff Buckley, Hallelujah, en fait la chanson de Leonard Cohen, mais qu'il ne connaît apparemment pas.

Le garçon fromager n'a pas de souffle, s'il a un peu de voix et de vibrato, et reprend régulièrement à contretemps sa respiration. J'imagine qu'avec une pareille oxygénation la tête doit lui tourner, au moins autant qu'à cause des sunlights présents sur la scène. Et notre garçon se lance dans Hallelujah avec le charisme d'une boîte de camembert usagée. J'enrage. Qui a vu et entendu Leonard Cohen, l'auteur, Jeff Buckley, qui a revisité la chanson et lui a donné une acuité sans égale, il faut au moins comprendre le sens du texte et saisir qu'il exprime les difficultés de communication entre deux êtres dont l'auteur prend Dieu - s'il existe - à témoin. Bien évidemment, le grand dadais n'en saisit rien. Il fait son beau (il a de très beaux yeux de vache - et j'aime beaucoup les vaches - qu'il a affinés également en regardant ses belles meules). "Ça s'est bien passé", dit-il à Nikos Pataugas (enfin un nom comme ça, je ne me rappelle pas). Pas de souffle, pas de rythme dans la manière de chanter, pas de nuance.

Puis le même benêt fait un duo avec avec Josh Groban (il faut bien meubler la soirée en attendant le résultat des votes des téléspectateurs). Du Magicien d'Oz, la chanson écrite pour Judy Garland Over the rainbow. Une catastrophe. Du yaourt. Visiblement, le pataud lourdaud ne comprend rien à ce qu'il essaie de chanter, et son regard paniqué en direction de Josh Groban en témoigne.

Cette fois j'en suis sûr : la France profonde des chaumières va bien voter pour lui, qui représente le triomphe de la gaucherie sublimée par la belle gueule.

 
Je ne me trompe pas : c'est bien sa belle gueule qui permet aux adolescents prépubères de se reconnaître en lui et de se persuader que ne rien foutre à l'école peut être compensé par un radio-crochet aussi débilitant que méprisant pour la chanson puisque celle-ci ne sert que de faire-valoir narcissique à des jeunes gens incultes prêts à se transformer en produits de consommation vite jetables. Le très réjoui Kenji Girac, vainqueur de l'émission-concours de l'an dernier fournit une belle preuve de néant culturel. Pauvres voix, qui pourraient servir de plus belles émotions !

Enfin, je préfère terminer sur une note plus optimiste : souhaitons au garçon fromager une longue carrière, par exemple comme celle de Mireille Mathieu, qui apporta à un précédent président de la République française son cordial soutien par une belle chanson digne d'elle et de lui. L'actuel président devrait se représenter en 2017 : le garçon fromager a le temps de se faire écrire une chanson sur les vertus du Flanby et du Comté réunis.

Pour faire passer ma mauvaise humeur, je vous offre Hallelujah par Rufus Wainwrignt, un vrai chanteur, et un garçon très sensible...

Que ce dimanche vous soit agréable et doux aux oreilles et aux yeux .






dimanche 19 avril 2015

Cantigas de Santa Maria

Les Cantigas de Santa Maria sont attribuées au roi castillan Afonso El Sabia, qui est davantage l'initiateur de ce recueil de cantiques que son véritable auteur.
La vignette d'illustration montre que le Moyen-âge sut marier cultures occidentales et orientales.
Jordi Savall et Hisperion XXI offrent ici un extrait de ces Cantigas dont l'adresse à la Vierge Marie vient, malheureusement dans un repli idéologique du temps, effacer les chansons, planhs chantés pour célébrer les amours charnelles et spirituelles avec l'être aimé.

Que ce dimanche vous soit beau et ensoleillé de bel amour.



samedi 18 avril 2015

Joselito canta "Granada"

José Jiménez Fernández, dit Joselito

Les enfants prodiges ont généralement des destins étranges : adulés pendant leur enfance, le talent qui les a portés pendant quelques années et qu'on leur a unanimement accordé leur devient objet de souffrance. Perdus dans une époque qui ne les reconnaît plus pour ce qu'ils étaient, ils s'évanouissent comme des étoiles mortes.

En fait, ces enfants disent davantage de la société pour laquelle ils ont joué un rôle éminent que d'eux-mêmes qui, en fin de compte, n'existent pas en dehors de leur aptitude artistique. C'est sans doute le destin de Joselito, "l'enfant à la voix d'or", le "rossignol andalou" - pardon je m'égare, ça, c'est Federico García Lorca - qui fut l'enfant utile pour permettre à l'Espagne de retrouver une image acceptable après l'effroyable guerre civile, et permettre de sublimer la pauvreté d'après la Seconde guerre mondiale où les enfants vivaient nus dans des villages exsangues (je n'exagère pas, même si c'est une vision forcément réductrice. Je prévois bientôt un documentaire de Buñuel qui ne sera pas sans commentaires, mais l'Espagne fut aussi cela).

Oublions ainsi le Général Franco, tyran narcissique - n'est-ce pas un pléonasme ? - dont l'image abreuvait toute correspondance avec l'Espagne sur les timbres-poste. Avec l'image d'un enfant à la voix pure, orphelin dans le premier film tourné par Joselito - Le petit vagabond/El pequeño Ruiseñor - les deux éléments d'une reconquista idéologique (la religion salvatrice et la miséricorde de Dieu d'un côté, le folklore et le talent miraculeux de l'autre) sont proposés comme moyens de s'identifier à une nouvelle Espagne amnésique des années précédentes.

Si l'enfant d'alors a encore une voix de crécelle dans le premier film, il a déjà acquis pour autant une incroyable maîtrise technique, et en quelques années il fait preuve d'une maturité vocale professionnelle. Mal lui prend de grandir : il fait quelques films arrivé à l'âge adulte, mais son image ne correspond plus aux attentes de ce nouveau temps. La Movida espagnole efface bientôt toute trace, ou à peu près, de la période où l'enfant à la voix d'or fréquentait Elvis Preslay, Giovanni XXIII, Che Guevara et Fidel Castro !
Je me suis laissé dire que Joselito chantait encore... Je n'aurai pas la cruauté de proposer de vidéo de lui aujourd'hui chantant.

Joselito dans Le petit vagabond - 1956


samedi 28 mars 2015

Bach/Galou : Erbarme dich, mein Gott

Delphine Galou interprète Jean-Sébastien : "Aie pitié, mon Dieu", de La passion selon saint Matthieu
direction : François-Xavier Roth.

dimanche 22 mars 2015

Donizetti/Grigolo

Le beau Vittorio Grigolo, au puissant organe, interprète Gaetano Donizetti : 
L'Elixir d'amour, "Una furtiva lacrima".
Il manque juste la fin, et c'est bien dommage !
N'oubliez pas de l'écraser, cette larme, en pensant à lui (à elle, c'est selon).
Passez un bon dimanche, et ne secouez pas les arbres, ils sont en fleurs (dans le Midi, tout au moins) !



jeudi 12 mars 2015

Fauve ≠ - Bermudes

     Du dernier disque de Fauve ≠, le titre "Bermudes".
     Le groupe (je déteste le terme "collectif" revendiqué par le groupe) trouve peu à peu sa voie. Néanmoins, s'il ne veut pas lasser son public, il doit aborder de manière plus franche ses influences, peaufiner ses textes, sortir d'une espèce de fausse spontanéité qui ne durera pas...
    Je les aime cependant ! Et je redis que la voix de Quentin m'est un vrai bonheur...


mardi 3 mars 2015

Raghunath Manet

Petit exercice de décentration de notre Occident souvent trop nombriliste : Raghunath Manet est un danseur de bharata natyam, danse du Sud de l'Inde, ainsi que joueur de vina, instrument proche du sitar popularisé par Ravi Shankar, lui même introduit dans les festivals de rock lorsque les Beatles s'essayèrent à de nouvelles musiques.
Raghunath Manet est né à Pondichéry, en Inde évidemment. Pas question dans ces conditions, d'abandonner les comptoirs de l'Inde. Nan, je déconne, l'Empire français n'existe plus depuis longtemps ! N'empêche que son patronyme est bien un héritage de cette période, curiosité de l'histoire...