Je préfère le dissensus dur au caramel mou

Je préfère le dissensus dur au caramel mou
Medusa – Il Caravaggio

Parfois on aimerait, face à la violence du monde, qu’un garçon vous prenne dans ses bras et murmure : « Ça ira, je suis là, on connaîtra des jours meilleurs… »

dimanche 16 octobre 2016

Phil Glass - ReDo String Quartet

Quartet n°2 "Company" de Phil Glass pour accompagner un dimanche un peu grisouilleux. Passez le bon quoi qu'il en soit : écoutez ou faites de la musique, allez au cinéma si un film vous tente, passez-vous un DVD avec ou sans pote... Ou roupillez toute la journée, c'est toujours ça que les emmerdeurs ne vous voleront pas !



samedi 15 octobre 2016

Que le corps exulte !



Salut à Pierre Etaix

Je n'aime pas le cirque et les clowns ne m'ont jamais fait rire. J'ai plutôt le souvenir autrefois d'un moment de terreur quand un clown se préparait sur le boulevard et se maquillait avec du fard blanc. Je crois que je n'aime pas les blancs non plus, pas plus que les catholiques. C'est peut-être ça, d'ailleurs, le problème de ce pays: un pays de clowns au visages trop blancs qui ne se plaisent que dans des cérémoniels archaïques, vêtus de costumes aux tailles démesurées et hurlant leur joie imbécile de ne se trouver bien qu'entre clowns. Un monde psychiatrique.

Le monde de l'enfance, celui d'une rêverie infinie, où les gens qui se prennent au sérieux n'ont pas leur place, Pierre Etaix l'avait investi sans jamais l'avoir quitté. Il m'avait un peu réconcilié avec les clowns, sans m'avoir vraiment convaincu toutefois. Le monde du cirque est peut-être trop une caricature de la misère du monde, celle filmée par Tod Browning, y compris celle des animaux.

J'ai pourtant aimé le cinéma de Tod Browning et celui de Pierre Etaix qui n'ont presque que le cirque comme point commun. J'ai toujours eu dans un coin de mon crâne la petite musique, légère, de Yoyo qui disait que Pierre Etaix était un poète de l'image et du son. En France, pays de clowns, on n'aime pas la poésie et l'on laisse croire qu'on aime quelques poètes.


Pierre Etaix fut un peu oublié, même si Télérama lui rendait parfois hommage. Il conservera une très belle place, aux côtés de Jacques Tati, dans un amour de la dérision où il retrouvait parfois Cocteau.

Pierre Etaix est parti pour son dernier tour de magie : salut à lui, révérence au poète.


Météores


jeudi 13 octobre 2016

Bottom chef


Bernardo Casertano - Dino

Dans la suite du "Théâtre de la Cruauté" dont Antonin Artaud avait défini l'implication de l'acteur, offrant son corps en jeu dans une mise en situation sans artifice, quelques comédiens s'efforcent de se jeter en scène  dans une recherche d'existence, de faire comprendre comment se passe la manière d'être au monde, d'être aux autres, de trouver un langage quand il est souvent si difficile de s'exprimer. Dans cette marge des choses, il faut parfois apprendre ou réapprendre à vivre quand la vie elle-même ne sait pas être simple, quand tout geste, tout acte est un combat pour dire que l'on essaie d'exister.
C'est un théâtre particulièrement difficile. On en appréciera ici la part de cruauté réelle qui fait du comédien ce médium entre le monde social et le renoncement à demeurer inerte.
J'avais présenté il y a bientôt deux ans (!) une vidéo du Cri du corps de Benito Gutmacher, comédien d'origine argentine, dont le travail était fondé sur cette même démarche du "Théâtre de la Cruauté". On peut revoir Benito Gutmacher en cliquant ici : clic!
Bernardo Casertano a été vu dans ce blog dans le clip vidéo qui raconte un instant de rencontre et de vie de deux garçons en Italie, sur le fond de la chanson de Bruno Martino Estate, où il est le compagnon du garçon joué par Alexandre Styker. C'était le 16 mai dernier. On peut aussi revoir la vidéo en cliquant ici : clic

Dernier conseil : prenez votre respiration avant de regarder Bernardo Casertano.



mercredi 12 octobre 2016

À l'air marin

Je me suis enivré de cette odeur qui était celle de ta peau, un jour où le vent soufflait si fort qu'il te faisait un visage de feu, rougi et légèrement humide d'une larme de joie.

D'amants et d'émigrants Mamma mia, dammi cento lire

"Maman , donne moi cent lires, je veux aller en Amérique !"

Comme l'Amérique a pu faire rêver ! De quoi sont faits nos rêves aujourd'hui ?


lundi 10 octobre 2016

Jean-Louis Barrault - Les paravents

En 1966, Jean-Louis Barrault monte Les paravents de Jean Genet sur la scène de l'Odéon. Quatre ans après l'indépendance de l'Algérie, l'extrême droite en France semble insupportée qu'on lui rappelle par le théâtre ce que pouvait être un regard sur l'Algérie française considérée depuis les faux semblants indiqués par les paravents...

Jean-Louis Barrault est ici magnifique de sincérité – bénéficiant peut-être d'une grande part de naïveté – mais face à Michel Droit, parangon de ce que pouvait être un journaliste du Figaro : lèche-cul gaulliste, nationalard qui lança plus tard contre Gainsbourg une cabale lors de la Marseillaise reggae. Elle fit dire alors à Gainsbourg : «On n'a pas le con d'être aussi Droit». On a parfois l'impression que l'époque pouvait être bon enfant face aux levées de crétins qui aujourd'hui lâchent sans complexe leur goût de la haine raciste. 
Ce serait toutefois une terrible erreur de perspective.



dimanche 9 octobre 2016

Course nocturne

Stella splendens

J'ai découvert voici déjà fort longtemps ce recueil de textes réunis sous le nom de Llibre vermell de Montserrat et interprété par l'ensemble Hesperion XX. Depuis, le siècle a tourné : Hesperion XX est devenu XXI, la magnifique Montserrat Figueras s'en est allée, laissant Jordi Savall et leurs beaux enfants continuer son oeuvre. Il reste des étoiles splendides qui ne s'éteignent pas. 

Le hasard faisant bien les choses, j'ai eu le plaisir d'assister à une mise en place du spectacle d'Hesperion XXI voici quelques mois à Genève. Le temps manquait et les horaires des trains ne me permettaient pas de rester davantage. Mais je ne manque pas cette occasion de signaler, outre l'immense qualité de restitution de la musique ancienne que mène Jordi Savall (prononcer Savail) depuis des décennies, qu'il inscrit son travail dans une grande transversalité des cultures méditerranéennes et orientales. A une époque où notre pays, où l'Europe sont en train de se replier sur des attitudes de plus en plus condamnables, il me paraissait important de le rappeler dans cette homélie dominicale !

Bon dimanche ensoleillé !