Je préfère le dissensus dur au caramel mou

Je préfère le dissensus dur au caramel mou
Medusa – Il Caravaggio

Parfois on aimerait, face à la violence du monde, qu’un garçon vous prenne dans ses bras et murmure : « Ça ira, je suis là, on connaîtra des jours meilleurs… »

samedi 13 décembre 2014

Étienne Daho - Le Malentendu




Photo Filippo Monteforte. AFP


Athènes en feu/Athens on fire

    Dans le billet consacré samedi dernier à Alexandros Grigoropoulos/Αλέξανδρος Γρηγορόπουλος, j'ignorais que le même jour, le rappel des événements de 2008 allait embraser une nouvelle fois la cité.

    Aux côtés d'Alexandre, quand il fut assassiné, se trouvait son ami, Nikos Romanos/Νίκος Ρωμανός, qui avait le même âge que lui. Nikos a porté le cercueil de son ami. On peut imaginer ce qui signifie cette mort pour les Athéniens, et encore plus pour Nikos. Cette mort a déterminé son engagement à lutter contre l’État grec qui a fait une fois de plus la démonstration qu'il agissait contre son propre peuple. Terrible histoire de la Grèce moderne, depuis qu'elle a pris son autonomie en luttant contre la domination ottomane, qui est tombée sous la dépendance organisée des nations occidentales (France, Grande-Bretagne, Prusse et Russie) et en ont fait délibérément un rempart contre la puissance turque et musulmane, et un laboratoire politique et social.

    Admirables Grecs ! qui ont supporté, j'y reviendrai, les pires tourments y compris la guerre civile, à l'issue de la Seconde Guerre mondiale, que les pays occidentaux (menés notamment par Churchill, peu soucieux de faire verser "du sang et des larmes" aux Grecs), inquiets de voir un régime communiste risquer de s'installer, ont fomentée en armant les groupes fascistes. Aris Fakinos témoignait que cette guerre civile fut aussi atroce que la guerre civile d'Espagne.

    Laboratoire pour les intérêts financiers, la Grèce l'est restée. Aujourd'hui la misère a dépassé toute limite, et la manière dont l'austérité a été organisée ressemble à un génocide. Suicides, hôpitaux sans médicaments, malades abandonnés sans soins, etc. sont le quotidien des Grecs.

    Nikos, submergé par l'inacceptable meurtre de son ami, s'est lancé, sans doute de manière inconséquente, dans une lutte marginale en braquant une banque, à la manière des anarchistes de Jules Bonnot quatre ans plus tard. Arrêté par la la police, tabassé, il purge une peine de quinze ans de prison. La loi grecque lui permettait de reprendre des études, ce qu'il souhaitait. Devant le refus des autorités judiciaires, il se met en grève de la faim, grève qui a duré 29 jours. Une immense et formidable solidarité s'est étendue dans la population d'Athènes, lui apportant un soutien sans faille. Devant cette mobilisation, le parlement grec vient d'adopter une loi généralisant cette possibilité d'étudier pour les détenus.

    On trouvera les détails de l'histoire en anglais dans l'article suivant : clic
    et en français sur le site Basta ! : clic

    Ne nous y trompons pas : l'histoire de la Grèce moderne est également la nôtre. Les forces obscures sont à l’œuvre, qui exploitent la misère, la haine des étrangers, des homosexuels, des femmes. La distance géographique de ce pays ne doit pas nous faire oublier que chez nous également, les mêmes processus de destruction du ciment social nous mettent tous et toutes en danger. A nous de réaffirmer notre sens de la fraternité.






Nikos pendant son arrestation

Après le tabassage

Athens 06/12/14 Strong Demo for Alexis & Nikos. Heavy clashes Exarcheia from Ross Domoney on Vimeo.

jeudi 11 décembre 2014

Il ultimo ragazzo ii

J'ai découvert cette séquence de série italienne, à priori intéressante, sur laquelle je n'ai pas davantage d'information. Si un lecteur/trice est mieux informé, je suis demandeur ! D'autres séquences seraient, évidemment, bien accueillies dans ce blog...
Le dernier garçon (clic)
S'agirait-il d'une version italienne d'Angels in America ?



Note ultérieure : il s'agit du film Giorni, 2001, de Laura Muscardin. Voici la vidéo intégrale :


Hommage à Mitoraj

Igor Mitoraj -  La chute d'Icare

L'amour de l'art





mercredi 10 décembre 2014

Autour du cou

Non, ce jeune homme ne s'est pas mis un serpent autour du cou, même s'il est italien !


Quant à moi, j'ai changé d'ordinateur, pour pouvoir bloguer plus rapidement.
C'est formidable, ça va beaucoup plus vite, et l'écran est beaucoup plus lisible.


Le trio Joubran

Les trois frères Joubran sont d'une beauté à couper le souffle. Quand, de plus, leur virtuosité s'exerce sur cet instrument d'une sensualité absolue qu'est l'oud, fédérateur de toute la musique orientale, les images de soleil nous parviennent, mais avec âpreté, disant tous les possibles que ce Proche-Orient pourrait être...



mardi 9 décembre 2014

Ernest Pignon-Ernest

Artiste majeur de l'art des rues, il a fait apparaître les figures
et les visages d'Arthur Rimbaud à Charleville et à Paris, Jean Moulin à Lyon, les héros de la mythologie à Naples, a réalisé un parcours Jean Genet à Brest autour de la figure de Querelle. (J'évoquerai un jour le film de Rainer Werner Fassbinder, réalisé à partir du roman de Genet).


Dans ses implications visuelles et poétiques, Ernest Pignon-Ernest renvoie la force des personnages qui l'ont inspiré comme un élément d'action dans l'espace social, où l'image intervient comme une présence supplémentaire, peut-être la plus essentielle dans son rôle d'icône, pour permettre d'appréhender le personnage. Rimbaud, Querelle, nous côtoient et l'on devient, à leur côté, un autre élément de la rue qui accède également à la sacralité par ce regard.


Le poète Mahmoud Darwich, Palestinien artisan de la paix comme le sont de nombreux Israéliens, est décédé en 2008.
Ernest Pignon-Ernest l'a salué à Ramallah en 2009.


Asaf Avidan

Different pulses
Le timbre de voix si particulier de ce garçon porte toute l'émotion de ses textes. A apprécier tranquillement, comme on a pu aimer le regretté Jeff Buckley...