Je préfère le dissensus dur au caramel mou

Je préfère le dissensus dur au caramel mou
Medusa – Il Caravaggio

Parfois on aimerait, face à la violence du monde, qu’un garçon vous prenne dans ses bras et murmure : « Ça ira, je suis là, on connaîtra des jours meilleurs… »

samedi 23 septembre 2017

vendredi 22 septembre 2017

I Vitelloni

La très belle et très sobre scène finale des Vitelloni, de Federico Fellini, dont le très beau Franco Interlenghi qui joue le rôle de Moraldo. Est-il besoin de préciser que la musique est celle de Nino Rota ?



mercredi 20 septembre 2017

Αναπαράσταση/La reconstitution

Un miroloi du premier long métrage de Theo Angelópoulos, Αναπαράσταση/La reconstitution, très beau film que l'on peut retrouver dans le coffret consacré aux œuvres du cinéaste.



mardi 19 septembre 2017

Roma ancora

Je suis parti quelques jours pour Rome. «Vous avez finalement pris le train pour mieux mesurer la distance qui vous sépare de cette ville.» Aurait pu écrire Michel Butor. Je n'en ferai pas le même usage, pas tout à fait, tout au moins. J'y vais avec la volonté d'avoir l'esprit le plus libre possible, bien que tout, au contraire, semble vouloir dire que rien n'est simple si ce ne sont les apparences.

Je laisse Véhèmes quelques jours. J'y sème quelques pensées que le cinéma nous a offertes.
Passez  une bonne semaine.

Réflexions d'Henri Langlois sur Rossellini.


lundi 18 septembre 2017

120 battements par minute est un film raté

Vlan, allez, je me lâche. J'étais resté sur un sentiment mitigé à la sortie du cinéma où j'ai vu le film, sans trop vouloir chercher à élucider les raisons de mon malaise, tant j'étais entré avec un a priori favorable, et ne pensais trouver dans la narration du film qu'une présentation de l'histoire qui a fait d'Act up une association en pointe dans la lutte sociale contre le sida, qui a permis une meilleure visibilité et des pratiques homosexuelles, de leur place dans la société française, de la manière dont tout cela s'est passé, et de l'échec, finalement d'un discours politique issu du monde gay.
Le film, finalement, reste très loin de tout ça. Il faut le recevoir comme un hommage à l'action d'Act up, et rien que cela. Car derrière le film, je garde le sentiment d'un repli qu'on ne peut même pas appeler communautaire tant la «communauté» gay redevient, petit à petit, de plus en plus invisible. Je ne le regretterais pas si, par ailleurs, la société française intégrait réellement le fait homosexuel comme une composante parmi d'autres des pratiques et des relations entre personnes. Force est de constater qu'hormis quelques lieux précis, que l'on «tolère», comme il existait autrefois des «maisons de tolérance», on assiste à un étonnant paradoxe : les écrivains homosexuels ou crypto-homosexuels sont sans doute de plus en plus nombreux ; pour autant, ils sont de moins en moins gays, au sens où ce terme sous-entend une relative combativité ou revendication dont on sait qu'elle s'oppose, qu'on le veuille ou non, à la norme hétérosexuelle. C'est ainsi, je fais un constat. Je partage assez certains points de vue de Didier Lestrade constatant une perte de valeurs que le fait d'être gay mettait en mouvement : la solidarité avec d'autres groupes minorisés, dominés, mis à mal par une société sans compassion. Or le malaise que j'ai ressenti après avoir vu le film tient sans doute beaucoup à cela : tout se passe comme si le film prenait acte de la chose en ne donnant à voir qu'un aspect de ce que fut l'action d'Act up en quelques lieux que Robin Campillo a sans doute volontairement théâtralisés pour n'en donner qu'un point de vue partiel. Je crois que je n'aime vraiment pas son scénario. Thibaud Croisy en a fait une critique encore plus dure dans Le Monde (ici), déniant le contenu qualitatif et intellectuel de l’intention de Robin Campillo. Je ne le suis pas totalement sur ce terrain. S’il est vrai que certaines scènes sont stéréotypées, sexe y compris, c’est tout le cinéma qui est judiciable de ce type de critique, et après tout, que l’on revoie des scènes qui se répètent, c’est la vie elle-même qu’il faudrait bouleverser pour jeter aux orties les routines qui bordent nos façons d’être. Je crois que la nécessité critique est ailleurs : en ce qui me concerne, ce qui me paraît dommageable est l’occultation d’une parole politique par ce qui pouvait paraître comme une revendication consumériste. Je m’explique. Le film raconte, grosso modo, comment une association de gays et lesbiennes, certains contaminés, d’autres non, se battent pour faire accélérer la recherche, la connaissance de cette recherche contre la maladie, par les laboratoires, soupçonnés pour d’obscures raisons, de ne pas aller assez vite. Le film magnifie les méthodes d’action, l’aspect spectaculaire des interventions avec du faux sang, les manifs de rue. On semble, dans le film, redécouvrir les vertus des débats d’assemblée générale en amphithéâtres, ce que, cependant, une grande majorité de gens ont vécu. 


Tout cela paraît bien naïf. Le film occulte les relations avec les pouvoirs publics, les campagnes de prévention contre le sida ne sont qu’à peine abordées, de même que le scandaleux refus de Pierre Bérégovoy, premier ministre de François Miterrand craignant par pudibonderie de financer en 1992 une nouvelle campagne contre le sida. La contamination des hémophiles n’est qu’à peine évoquée, alors que ce fut un énorme scandale.
Bref, le film n’est pas un documentaire. Quant à la fiction, on peut se demander ce qui fait l'intérêt du film. Ce sont bien évidemment les excellents acteurs que sont Nahuel Perez Biscayart et Arnaud Valois qui sauvent le film du désastre par deux prestations, l’une toute en énergie et en énervement, l’autre toute de réserve et de présence plus discrète.

Que va-t-il rester de ce film quasiment calamiteux ? Pas grand-chose. Qu’Act up ne compte pas là-dessus pour un témoignage de son action ; le «mouvement gay» n’en ressort pas moins opaque dont l’essentiel se réduit à quelques pratiques sexuelles entre garçons. Sans lendemain.

Allez, je vais faire un peu de comparatisme avec un autre film, grand et réussi, le seul d’ailleurs de Romain Goupil, qui par ailleurs a toujours fait preuve d’un crétinisme avancé — c’est assez consternant, d’ailleurs de constater que la plupart des anciens trotskystes sont devenus de vrais réacs.

En 1982, Goupil se rappelle l’un de ses potes, très engagé dans le mouvement de mai 1968, Michel Recanati. Il en fait Mourir à trente ans. Je ne vais pas le résumer, et on trouvera sur la toile les références qui s’imposent. Je vais simplement passer une vidéo courte. Mais là, justement, on n’est pas dans le même registre, qui renvoie dans le dérisoire le sujet de Robin Campillo. Le sujet que posait le cataclysme du sida, c’était « qu’est-ce que la société fait de la mort qui se projette sur la jeunesse qui a voulu jouir, et même sur celle qui, au passage n’est victime que d’une fatalité dont les hommes politiques ne veulent pas entendre parler ». C’est cela dont il fallait parler. D’une certaine manière, Robin Campillo a instrumentalisé Act up. Il n’y a plus grand monde aujourd’hui pour le lui reprocher. Le monde gay est assez bien réparti aujourd’hui dans le monde politique où, de manière planquée, on s’imagine que chacun, de l’extrême droite à la gauche couille molle, a le pouvoir faire avancer la cause homosexuelle. C’est peut-être également ce que dit le succès du film. Dans un monde voué au consumérisme, le prix du plaisir entre garçons se paye par l’absence d’une réflexion, et, peut-être pire, de la conscience qu’aimer les garçons dans une société occidentale devrait être une opposition sans concession au vieux monde patriarcal. Vieux monde dont, aujourd’hui, même quelques pédés se font les défenseurs.



dimanche 17 septembre 2017

Lo stato è un lupo di pietra

Cette semaine me sera romaine. Je n'ai pas mis les pieds à Rome depuis plus d'un an. Je retrouverai avec plaisir les plaisirs et les tracas de la Ville éternelle dont de nombreux mystères me restent à découvrir. Vado, vedrò...

Le grand, l'immense, et regretté Matteo Salvatore nous le dit : l'Etat est un loup de pierre, un loup sans dents, mais il reste un loup.

J'ai parlé quelquefois de Matteo Salvatore. L'excellente collection blanche Harmonia Mundi avait publié autrefois le Lamento dei Mendicanti, toujours disponible, me semble-t-il. Ces chansons sont de purs chefs-d'oeuvre et la voix et la guitare de Matteo Salvatore sont un transport dans l'âme de la Méditerranée des Pouilles : cette même région où Pier Paolo Pasolini tourna Il Vangelo secondo Matteo. L'italien des Pouilles a cette résonance d'une langue que les Toscans méprisent un peu, à tort bien sûr : c'est une langue toute de relief, chargée d'humanité, d'une beauté à pleurer !

Bon dimanche.




samedi 16 septembre 2017

Fête de l'Huma

C'est la fête de l'Humanité aujourd'hui à la Courneuve. 
Je me souviens : il y avait eu cette réunion antimilitariste rue de Vaugirard, à laquelle participait Daniel Guérin. Daniel Guérin explique que le terme «antimilitarisme» est à rejeter en ce qu'il exprimerait un courant d'idées, une idéologie, ce que n'est pas l'opposition à la militarisation de la société. Comme dans beaucoup de réunions, les idées fusent, se perdent dans des débats sans grand lendemain
 Tout cela me paraît un peu surréaliste. L'un de nous, à la peau sombre, se fait contrôler par un flic devant le Sénat. Pas les autres, dans cette France raciste depuis toujours. Les participants à la réunion s'égaillent dans ce gris Paris sans beaucoup d'attrait.
Le soir j'ai décidé d'aller à la fête de l'Humanité. Je conserve du respect pour ces militants communistes, malgré les dérives staliniennes qui les ont amenés trop souvent en des lieux impossibles, dont les pensées se sont figées à celles qu'une confiance aveugle leur a permis de croire. Il y a néanmoins souvent de la chaleur dans la volonté de témoigner leur solidarité. Je les rejoins dans cette attitude qui préexiste à toute tentative de changement de société pour un plus grand partage.
Le programme de ce soir est consacré à deux spectacles dont je sais qu'ils seront extraordinaires : Mikis Théodorakis, et ses musiciens, Maria Farantouri donnent El canto general, d'après le poème de Pablo Neruda, décédé l'année précédente, peu après le coup d'Etat qui a tué Salvador Allende, et qui a bouleversé toute la gauche mondiale. Plus que jamais, les militaires sont à combattre. En Grèce, les colonels sont encore au pouvoir. Le spectacle est magnifique ; l'émotion est à son comble. La Grèce et le Chili communient dans leur aspiration à la liberté, au refus de toutes les dominations.
C'est Leonard Cohen qui succède à Mikis Theodorakis, pareil qu'en lui-même. La poésie est ce soir à l'honneur, et je suis abreuvé de cette grâce dont leur musique et leurs textes enveloppent chaque être présent à cette nuit d'automne. «Like a bird on a wire, [...] I have tried in my way to be free...»
Le lendemain matin, je me promène dans les rues de Saint-Germain-des-Prés. Quelques joueurs de bouzouki, présents dans l'orchestre de Mikis Théodorakis, se produisent sur le trottoir, pour le simple plaisir de jouer et de partager cette musique.

J'ai le cœur léger. Je sais que mes pas me mèneront bientôt en Grèce.

jeudi 14 septembre 2017

L'âme slave

Un regard tourné vers la Russie, notamment pour s'inquiéter du harcèlement envers Kirill Serebrennikov dont le travail de dramaturge et d'artiste semble ne pas plaire au pouvoir et aux religieux orthodoxes. Kirill Serebrennikov est assigné à résidence, et le pouvoir a trouvé le prétexte d'un détournement d'argent (!)
Soutien à lui, à son travail dont le rôle est de déranger les routines traditionnelles.
Télérama lui consacre une brève et le lien vers la pétition de soutien ici.

Nicolas Kovarik/IP3; Paris,  France  10 Septembre 2017

des personnalites posent lors d une  action en soutien au metteur en scene et realisateur russe Kirill Serebrennikov inculpe pour detournement de fonds publics et assigne a residence en presence notamment du dramaturge Olivier Py  Le directeur du Theatre National de Chaillot Didier Deschamps l animateur Alex Goude la journaliste Claire Chazal l actrice Isabelle Carre Jack Lang l acteur Jean Michel Ribes
© Nicolas Kovarik/IP3


Et comme nous sommes tournés vers l'Est, le chemin n'est pas loin de la Russie à l'Ukraine, qui nous offre cette belle prestation tirée de Turandot «Nessun dorma». 


Этот молодой человек очень красивый !

Tu parles, qu'il est beau ! Ce garçon, qui s'appelle Alexandre Ioupatov, a tous les talents. Après avoir fait X-Factor en Ukraine en 2016, il est maintenant mannequin chez NBM à Milan. Je vous mets deux photographies après la vidéo de Youtube. Je suis sûr que je vais le croiser un de ces jours à Milan...





mercredi 13 septembre 2017

Sang impur

Le sens aigu des discriminations...

Une pétition est en ligne pour dénoncer cette absurdité sur Change.org : ici



mardi 12 septembre 2017

Métamorphose

Je n'ai pas vu l'exposition, mais je fais un peu de copinage : les manifestations LGBTQ sont plutôt rares en Languedoc...




© Nicolas Rigaux - Soeurs - 4-13

lundi 11 septembre 2017

dimanche 10 septembre 2017

Δημήτρης Μυστακίδης - Στην Υπογα/Dimitrís Mistakídis - Au sous-sol

Un rebetiko de Κωνσταντίνος Μπέζος,/ Constantinos Bézos (1905-1938), musicien, parolier et journaliste au sens un peu hermétique que je préfère ne pas traduire : les sens cachés du rebetiko ne sont parfois compréhensibles que dans le contexte précis où il a été créé. Cette chanson dont je n'ai pas la date de création est sans doute issue d'un fait divers où des soldats s'ennuyaient dans une caserne en fumant le narguilé...

Belle interprétation de Dimítris Mistakídis.

Bon dimanche !


Ρε ν’ από πι- ρε ν’ από πίσω στη στρατώνα
βαρέσαν μα- βαρέσαν μάγκα στην υπόγα

Μπαίνει `νας μπα- μπαίνει `νας μπάτσος με το κούφιο
Και ρίχνει μου- και ρίχνει μούσμουλα στο ρούφο

Και κατρακύ- και κατρακύλισε το φέσι
μας σβήνει ο  να- μας σβήνει ο ναργιλές στη μέση

Ωωωωωώχ ωωχ!

Και τον ανά- και τον ανάβει η Κυριακούλα
ρε που `χει τάλιρα και τσιγαριές στη ζούλα

Γεια σου ρε Μή- γεια σου ρε Μήτσο στραβοκάνη
που `σαι μαστού- που `σαι μαστούρι απ’ το ντουμάνι


samedi 9 septembre 2017

Jupiter et Ganymède

Anton Raphaël Mengs (1728-1779), peintre allemand fasciné par la civilisation gréco-romaine, se plaisait à imiter les peintures antiques en s'inspirant notamment de celles d'Herculanum. Celle-ci se trouve au Palazzo Corsini, à Rome, à la Galleria Nazionale d’Arte Antica.

Anton Raphaël Mengs Jupiter et Ganymède, ca 1760