Je préfère le dissensus dur au caramel mou

Je préfère le dissensus dur au caramel mou
Medusa – Il Caravaggio

Parfois on aimerait, face à la violence du monde, qu’un garçon vous prenne dans ses bras et murmure : « Ça ira, je suis là, on connaîtra des jours meilleurs… »

samedi 24 septembre 2016

Saine piété


You want it darker

Leonard nous revient. Certains imbéciles disent qu'il s'agit d'un album de fin de carrière, car à 82 ans, le regard sur la vie n'est pas celui que peut avoir un jeune homme. Les cons.
Les choses sont-elles vraiment plus noires aujourd’hui ?
Il n'y a pas davantage de raisons de partir.

Ta voix m'accompagne depuis si longtemps, Leonard ! Just take another cigarette and let's drink another retsina wine !


jeudi 22 septembre 2016

Un raboteur de parquet

Quand est finie sa dure journée.

Juste la fin du monde

Putain, Xavier, c’est quoi cette merde ?!
Ciel, je suis grossier! A la mesure de mon énervement d’avoir vu ce soir ce film dont j’attendais tellement mieux après Mommy, où j’avais vraiment l’impression que Xavier maîtrisait parfaitement ce qu’on appelle la « grammaire » du cinéma, les plans carrés, etc.
Là, le truc, c’est les plans très serrés, gros plans, utilisés en champ – contrechamp, plongée, contreplongée pour susciter ce que certains critiques ont fort bien analysé, du désir ou du repoussoir dans les détails du visage. J’avais visionné, à sa sortie à Cannes, une vidéo de Gaspard (Ulliel), dont j’aime la qualité d’acteur, le côté réservé. Et j’avoue que j’avais très envie de voir ce film. Le même Gaspard était invité chez Augustin Trapenard lundi dernier, et, là encore, il s’est fait bon vendeur du texte tout d’abord, adapté de Jean-Luc Lagarce, et de la mise en scène et du filmage de Xavier Dolan. 
Il avait défendu d’abord le côté « langage vernaculaire » de Jean-Luc Lagarce, et la manière « spontanée » de filmer de Xavier, spontanéité à laquelle je ne crois pas. Il faut avouer que c’est vraiment raté.
Le texte est sans doute difficile à mettre en scène : texte de théâtre qui ne passe pas forcément très facilement au cinéma. On saisit alors trop nettement les séquences « sorties de scène », les jeux de gré à gré entre le personnage que joue Gaspard, Louis, et chacun des protagonistes.
Il faut revenir au prétexte de Jean-Luc Lagarce, homme de théâtre qui se savait atteint par le sida. Cet homme de théâtre, Louis dans le film, vient faire ses adieux à sa famille qu’il n’a pas revue depuis douze ans. C’est laisser supposer à quel point la famille est pathogène, et ça ne manque pas : la mère Martine (Nathalie Baye), hystérique à souhait, le frère, Antoine (Vincent Cassel), plus hystérique encore que sa mère, qui refait du Vincent Cassel, violent, haineux, misogyne, la sœur Suzanne (Léa Seydoux), que Louis a quittée lorsqu’elle n’était qu’une petite fille, et la belle-sœur  Catherine (Marion Cotillard) plus nunuche que jamais. Louis vient donc annoncer qu’il va mourir. Il est gay. Faut pas le dire. Faut rien dire d’ailleurs, et comme il ne faut rien dire, les dialogues insupportables sont une série de phrases tronquées, incompréhensibles puisque les gens ont décidé de ne pas communiquer, mais de rester groupés dans ce huis-clos. Quelques moments peuvent toutefois laisser entrevoir des pistes intéressantes : dialogue avec Martine, la mère, qui rompt avec son côté superficiel pour dire deux ou trois choses à son fils prodigue, dont le fait qu’elle ne le comprend pas, mais qu’elle l’aime ; ça ne va pas plus loin. Autre scène dans la voiture que conduit Antoine, à qui Louis a envie de lui communiquer peut-être ce qu’il n’a pas pu lui dire pendant sa jeunesse. Antoine est fermé à toute communication. On n’en saura pas davantage.
J’en garde l’impression d’un travail qui s’est fourvoyé dans une esthétique appauvrie, jouant sur quelques trucs de mise en scène dont ces fameux gros plans. La belle gueule de Gaspard Ulliel, taillé en lame de couteau, en prend un peu pour son grade : la cicatrice de la joue gauche devient presque obsédante, de même que ce petit relief que Gaspard porte sur une aile du nez. Quant à Vincent Cassel, je n’en retiens que le profil néandertalien aux bourrelets sus orbitaux associé à un débit logorrhéique abondant et une débauche de testostérone. On croirait que l’agressivité est sa seconde nature. Faut-il en retenir autre chose ? Que les familles, de manière générale, sont pathologiques et qu’il vaut mieux les fuir à tout jamais. Ça, on le savait. Quoi d’autre ? La bonne nouvelle, c’est quand on rate un film et qu’il faut se remettre à l’ouvrage pour en faire un bon. Les sujets ne manquent pas.


Xavier, si tu me lis…

mercredi 21 septembre 2016

Ti voglio bene assai

La villa Adriana. Un lapsus calami m'avait fait écrire "d'Este". (Je fatigue, mais j'ai des raisons. Un jour sans doute je dirai  tout) A Tivoli.
Les jeux de mots de Celeos sont de pire en pire (et non pas de plus en plus pire).
Enfin, c'est affligeant.

samedi 17 septembre 2016

Fuyons !

« Il se peut qu'on s'évade en passant par le toit... »


La ville - Constantínos Caváfis

La ville

Tu as dit : « J'irai par une autre terre. J'irai par une autre mer.
Il se trouvera bien une autre ville, meilleure que celle-ci.
Chaque effort que je fais est condamné d'avance ; 
et mon cœur - tel un mort - y gît enseveli.
Jusqu'à quand mon esprit va-t-il endurer ce marasme ?
Où que mes yeux se tournent, où que se pose mon regard,
je vois se profiler ici les noirs décombres de ma vie
dont après tant d'années je n'ai fait que décombres et gâchis. »

Tu ne trouveras pas d'autres lieux, tu ne trouveras pas d'autres mers.
La ville te suivra partout. Tu traîneras
dans les mêmes rues et tu vieilliras dans les mêmes quartiers; 
c'est dans ces mêmes maisons que blanchiront tes cheveux.
Toujours à cette ville tu aboutiras. Et pour ailleurs - n'y compte pas -
il n'y a plus pour toi ni chemin ni navire.
Pas d'autre vie : en la ruinant ici, dans ce coin perdu,
tu l'as gâchée sur toute la terre.

Constantin Cavafis - 1910
traduction de Dominique Grandmont




vendredi 16 septembre 2016

Fica, fica !

Décidément, on a beau leur dire que c'est du figuier, oui, du FIGUIER, on vous met de la vigne, et maintenant du lierre !
Figuier : ficus carica, ce n'est pas compliqué. Ce qui fait que leur prétendue pomme, il peuvent se la carrer... non, je vais rester poli.

Ficus carica : j'ai les mêmes à la maison.
Néanmoins, mesdames, messieurs, ce qui orna les attributs du plaisir de nos ancêtres communs, selon ce roman parfois plaisant à lire, la bible, c'est bien une feuille de ficus carica. Et devinez quoi qu'il y a derrière les feuilles de ficus carica ? Des figues, évidemment ! CQFD !


Jake Bugg - A song about love

Jake Bugg à Paris. J'ai déjà froid.


mercredi 14 septembre 2016

Au-delà des frontières

Mon copain blogueur Jeromo publiait il y a quelques jours une image de Sven de Rennes, m'apprenant du même coup son décès. Sven nous a quittés à l'automne dernier, laissant une véritable oeuvre dédiée à la célébration des amours des garçons qui avait à la fois un côté naïf et généreux. Son talent était réel et je crois qu’il arrivait à vivre de son art. On ne l'oubliera pas et je crois qu’il reste encore à le faire mieux connaître, parce qu'il exprimait, à travers ce regard sur des garçons idéaux, une véritable humanité que le monde gay a un peu de mal à exprimer aujourd'hui.
Salut à toi, Sven.  Respect à ta mémoire. Puisse le Net la faire durer longtemps.

Sven de Rennes